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Sheila

Sheila

Créteil, 1946. Une banlieue tranquille à trois enjambées de Paris, un gros village où on réapprend le plaisir de vivre quelques mois tout juste après la fin de la seconde guerre mondiale. Le 16 août de cette année bénie, Madame Chancel met au monde une petite fille qui ne rate pas son entrée : signe du Lion, ascendant Gémeaux, et un prénom pas banal choisi à l'avance, Anny (avec un "y"), tellement sa maman était sûre d'avoir une fille. 

Comme elle le chantera plus tard avec une conviction mêlée de nostalgie, Anny est effectivement "une petite fille de Français moyen". Ses parents, après s'être installés dans le treizième arrondissement de Paris, se lancent dans le commerce des bonbons, ils tiennent un stand de confiseries au marché de Maisons-Alfort.

Après l'école, la fillette toute jeune apporte sa contribution à l'activité parentale. Elle confectionne des paquets, remplit les sachets de cellophane de berlingots, pralines et autres sucreries, invente des n˛uds savants avec du ruban vert ou rouge. Le jeudi (qui est encore le jour de congé hebdomadaire) et le dimanche, elle accompagne ses parents au marché et les aide à vendre les sachets qui se sont accumulés tout au long de la semaine. Cette activité lui apprend très tôt deux des principes qui régiront sa vie. D'abord, que le travail constitue une valeur essentielle. Ensuite, qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre un loisir qu'on aime et un ouvrage bien fait : une définition possible de la passion... ?

Et puis, Anny est très tôt attirée par le milieu artistique. Elle n'a que huit ans quand elle parle de rentrer dans un cirque. Mais si son premier rêve est de devenir écuyère, elle entreprend finalement une carrière de danseuse. Sa mère l'inscrit au cours de Madame Dazy, tout près de la gare d'Austerlitz. Au menu, des leçons qui ont lieu plusieurs fois par semaine : pointes, assouplissements, exercices à la barre. Le contexte studieux ajouté à la personnalité de la gamine favorise des fantasmes audacieux : Anny s'imagine star, elle se voit devenir l'une des plus grandes danseuses étoiles de France, et pourquoi pas, du monde...

A treize ans, elle passe son examen d'entrée à l'Opéra devant Serge Lifar, l'un des plus célèbres danseurs et chorégraphes du siècle. Hélas, elle mesure quelques centimètres de trop et le constat est clair : elle ne peut pas devenir petit rat. La déception est rude, mais la force de caractère d'Anny a raison de ce coup du sort : au fond d'elle-même elle fait le serment de ne jamais abandonner la danse. D'ailleurs, cet art restera tout au long de sa vie son hobby le plus cher, on en aura bien plus tard la confirmation en "live", même si la Sheila d'aujourd'hui avoue, dans un sourire, être "plus femme-serpent" que danseuse classique. Et comme le destin est malicieux, c'est à ce moment qu'elle sent grandir en elle le désir de chanter, de plus en plus fort.

Ses premiers pas sur les planches ont lieu... à la cantine de son lycée, où elle se "produit" en duo avec Lydia, son amie d'enfance, livrant à ses condisciples un répertoire varié mais inégal, essentiellement basé sur les succès de Line Renaud et de Bob Azzam. Premiers applaudissements... Du duo, elle passe à la vitesse supérieure : un groupe de cinq filles, qui chante cette fois-ci, non seulement au réfectoire, mais aussi dans la cour du lycée. Cependant, la réalité reprend le dessus : Anny commence des cours de comptabilité, ce qui veut dire l'assurance d'accéder à une bonne situation... Entre les cours, le commerce des friandises continue, elle participe toujours à la vente des pastilles et autres bonbons acidulés, ménageant d'autant moins sa peine que cette vie somme toute assez libre lui plaît. Tant et si bien qu'elle commence auprès de ses parents un petit exercice d'intoxication, au terme duquel il sera décidé de mettre fin à ses études.

C'est l'âge des premières sorties entre copains, de la patinoire et du cinéma. Et surtout l'âge où l'on commence à écouter d'une oreille différente, car on assiste à une formidable explosion musicale. Dans le sillage d'Elvis Presley et de Buddy Holly, le rock'n'roll est arrivé d'outre-Atlantique et provoque un véritable raz-de-marée. Johnny Hallyday grave ses premiers disques, Sylvie Vartan débute, Les Chaussettes Noires avec Eddy Mitchell arrivent sur le devant de la scène, tout comme Les Chats Sauvages et Dick Rivers. Danyel Gérard enregistre Petit Gonzalès, Richard Anthony Nouvelle vague, on voit surgir des groupes aux noms insolites : Dany Logan et les Pirates, Danny Boy et ses Pénitents, Vic Laurens et les Vautours... Dans les rocks américains revient régulièrement un slogan, "yeah, yeah", autrement dit "ouais, ouais". Les nouveaux artistes français reprennent ce cri de guerre à leur compte, on les surnomme bientôt "la génération yé-yé", puis les "yé-yés" tout court.

Comme tous ceux de son âge, Anny s'enthousiasme pour ce phénomène. Les riffs de guitare des rockers made in France alimentent ses fantasmes et ses rêves de succès n'en prennent que davantage d'ampleur... "Pourquoi pas moi ?", finit-elle par penser. "Oui, pourquoi pas moi ?" , se redira-t-elle lorsqu'un ami lui raconte que quatre garçons en train de monter un groupe recherchent une chanteuse. Peu de temps après, la voici donc en compagnie des Guitar Brothers. Les répétitions ont lieu dans un cinéma désaffecté de la rue d'Arcueil, Anny apprend leur répertoire, les musiciens l'aident régulièrement à remballer ses étalages de confiseries tout en ambitionnant de se produire un jour au Golf Drouot, le "temple du rock" parisien.

Ouvert depuis 1953 et animé par Henri Leproux, le Golf Drouot est un peu une terre promise. On y croise Johnny, Dick, Eddy et leurs émules, on s'y retrouve entre amateurs de rock, c'est devenu le rendez-vous des "yé-yés", le lieu où s'y révèlent les vedettes de demain. S'y produire ne serait-ce qu'une fois est plus qu'un titre de gloire : une porte possible vers le succès... S'offrant un coup d'audace, l'un des Guitar Brothers va trouver Leproux pour lui demander un conseil. Débordé comme toujours, ne sachant pas quoi faire pour eux, il hésite mais il veut les aider et finalement leur dit : "donnez-moi l'adresse de votre salle de répétition, je vais envoyer quelqu'un vous écouter, un imprésario". Im-pré-sa-rio, quatre syllabes magiques qui sonnent comme un sésame.

Bouillants d'impatience, rongés d'inquiétude mais gonflés d'illusions, les Guitar Brothers et "Sister Anny" voient arriver un jeune homme mince au cheveu brun, qui se présente sous le nom de Claude Carrère. A l'évidence, il semble beaucoup plus intéressé par la chanteuse que par les musiciens, il lui pose de nombreuses questions, l'examine, la dévisage. Lorsqu'arrive l'instant redouté de l'audition, Anny attaque avec Chariot, le grand tube de Petula Clark, celui qu'elle a le mieux en voix. Mais au bout de deux couplets Carrère l'interrompt et demande à écouter une deuxième chanson, puis il l'arrête encore et exige une troisième... jusqu'à ce que le répertoire des Guitar Brothers soit épuisé. Puis, il se lève sans faire le moindre commentaire et annonce qu'il repassera le lendemain à la même heure. Anny rentre chez ses parents, la tête pleine de rêves et d'interrogations.

Après vingt-quatre heures d'angoisse, Anny et ses amis poussent un soupir de soulagement en voyant réapparaître Claude Carrère, cette fois-ci flanqué d'un autre personnage. "Jacques Plait, directeur artistique chez Philips", annonce celui-ci. "Claude m'a parlé de vous, j'aimerais entendre ce que vous savez faire". 

Nouvelle audition pour le groupe, qui rejoue les mêmes chansons dans une anxiété plus grande encore. Carrère et son associé restent un moment silencieux, puis discutent longuement à voix basse. Enfin, Carrère se lève et s'adresse presque sèchement à Anny : "je peux voir vos parents ces jours-ci ?". On raconte qu'en sortant, il se serait agenouillé sur le trottoir, au grand étonnement de Jacques Plait, pour remercier le ciel de sa découverte... Nous sommes le 13 octobre 1962.

Tout va alors très vite. Le 25 du même mois, Claude Carrère signe un contrat avec les parents d'Anny. C'est la période où Lucky Blondo chante Sheila, adaptation d'un hit américain qui a également été retenue pour Anny. Son premier 45 tours 4 titres (un super 45 tours, comme on disait à l'époque) contient aussi Avec toi, Un bateau s'en va, On a juste l'âge. Mais il reste un hic, et d'importance... : le nom de l'artiste ! Anny tout court ? Anny Chancel ? Ou bien Annie ? Après réflexion, il est décidé que le titre le plus fort du disque donnera son nom à l'artiste en herbe : Sheila. Ce patronyme a quelque chose de magique : nom, prénom et surnom à la fois, plus américain que latin, il est dans l'air du temps (ce fameux "temps des copains"), c'est un nom de code qui prédestine la chanteuse à un brillant avenir, il la fait pénétrer de manière prophétique dans l'intimité de son futur public. Anny Chancel a disparu ! Place à Sheila !

C'est le début d'un formidable parcours où rien n'est laissé au hasard.  Sheila n'a que seize ans et le rôle de son entourage est primordial. Claude Carrère en est le moteur. L'un des producteurs les plus influents de la place de Paris, il va aider la chanteuse à se construire une image, n'hésitant pas à la conseiller dans le choix de ses chansons. Lui-même en a d'ailleurs écrit ou adapté plus d'une, depuis Sheila la chanson-fétiche des débuts jusqu'aux futurs tubes, L'école est finie, Adios Amor, ou La famille. Homme de marketing avant la lettre, il saura aussi utiliser les nouveaux médias qui fleurissent : radios périphériques (Europe n°1 en tête), émissions de télévision (saluons Jacqueline Joubert et Guy Lux pionniers des émissions de variétés), mensuels pour ados comme "Salut les copains" et "Mademoiselle âge tendre", "S.L.C." et "M.A.T." pour les intimes. Avec Claude Carrère, Sheila a trouvé son colonel Parker !

Une fois l'enregistrement du premier disque terminé et juste avant sa parution le 13 novembre (oui, il y aura souvent des "13" dans la carrière de Sheila...), il faut "se faire une tête". Sheila, qui a déjà essayé sans succès une bonne dizaine de coiffeurs, se rend chez Michel Mastey, l'un des meilleurs spécialistes de l'art capillaire de la capitale. Carrère et Plait l'accompagnent, ils ne sont pas de trop pour escorter leur protégée. Le début de la séance frise le cauchemar, les cheveux de la belle restent obstinément raides, Mastey n'a pas d'idée. Soudain l'inspiration arrive : il regarde autour de lui, s'empare de deux n˛uds qui ornent un bouquet, les attache des deux côtés de la tête de la chanteuse : les fameuses couettes sont nées. Instant béni, presque miraculeux : Sheila l'artiste a un visage.  

Côté habits on va faire simple mais efficace :  jupe écossaise et chemisier. Couettes, jupette, chemisette. Traduction symbolique : sage, décontractée, chic. Tout cela s'est peut-être fait inconsciemment, mais ce genre de symptômes ne trompent pas. Avec ses yeux malicieux de collégienne, Sheila incarne l'adolescente idéale du début des années soixante, elle est l'archétype de la jeune Française : encore pas très loin de l'enfance mais résolument tournée vers l'avenir, avec cette dose d'optimisme et cette volonté de réussite qui l'animent. Presqu'une image d'Epinal, et tellement positive.

Mais Sheila ne s'est pas encore tout à fait imposée et le cap du deuxième disque est décisif. Nombre de débutants ne sont jamais allés plus loin qu'une première galette et il faut frapper fort. L'équipe se met en quête d'un titre-choc. Ce sera L'école est finie, qui deviendra l'un des plus gros succès populaires du début des sixties, avec sa ligne musicale très "twist" et ses paroles consensuelles en forme d'hymne à la liberté. Sorti le 13 février 1963, le disque caracole en tête des hit-parades, soutenu par une campagne de promotion qui culmine avec le passage de Sheila aux émissions de télévision "Monsieur tout le monde" et "Rendez-vous junior" devant plus de dix millions de téléspectateurs. On entend également partout les autres titres : Le ranch de mes rêves, Papa t'es plus dans l'coup, Ne raccroche pas. Sheila est en couverture des magazines, elle fait la une des quotidiens. On s'arrache ce super 45 tours. Dix mille ventes par jour pendant des semaines, à tel point que les ouvriers de l'usine Philips qui presse les disques doivent faire des heures supplémentaires ! Et bientôt, le million est atteint et dépassé. Lorsqu'on atteint le chiffre record d'un million et demi au printemps, Sheila est une vedette, une vraie.

Pour l'été qui approche, elle enregistre quatre nouveaux titres. Pendant les vacances, un très joli slow adapté de l'américain, est mis en exergue, mais c'est Première surprise-partie qui tape dans le mille. Désormais, Sheila sera abonnée aux performances, sa popularité augmente chaque jour, elle est membre à part entière de la caste des "idoles" où elle occupe le premier rang entre Johnny Hallyday et Claude François. Son management monte le "Club Sheila" qui édite un bulletin d'informations et répond au courrier des fans. Au cours des mois qui suivent, elle enregistre Le sifflet des copains, Chaque instant de chaque jour, Vous les copains, Ecoute ce disque. Elle tient aussi un rôle dans un premier film, "L'année du bac". A l'automne 63, elle est la tête d'affiche de sa première tournée, où l'on retrouve aussi Frank Alamo et Les Surfs. Mais elle a tendance à trop en faire. Surmenée, elle tombe malade et doit arrêter plus vite que prévu son épuisant périple. Elle se consacre alors à la création d'une ligne de prêt-à-porter. Le 13 février 1964 est inaugurée la première "Boutique Sheila" qui diffusera des vêtements estampillés de sa griffe. 

Une nouvelle série de succès s'annonce. Toujours des beaux jours, C'est toi que j'aime, Vous les copains, Le folklore américain, Devant le juke-box. Cette dernière chanson, très joli duo avec Akim, est un superbe hommage à cet objet emblématique des sixties et des années "yé-yés" qui, mine de rien, en seront bientôt à leur crépuscule. D'ailleurs, les couettes de Sheila ont disparu, signe évident de son passage dans le monde des adultes.

Au printemps 1966 la chanteuse est invitée au Festival de Cannes, elle étrenne sa nouvelle coiffure et rivalise d'élégance avec les célébrités internationales sur les marches de l'escalier d'honneur du Palais des Festivals. Claude Carrère, lui, est venu pour affaires. Il rencontre des producteurs et petit à petit va naître l'idée d'un long métrage dont Sheila serait la vedette. Le film se monte vite. Intitulé "Bang-Bang", il raconte l'histoire d'une collégienne qui hérite d'une agence de détectives et se trouve bientôt sur la piste d'une bande de faux-monnayeurs. Casting solide : Jean Yanne et Jean Richard entourent Sheila, sans oublier un jeune premier, le bel Américain Brett Halsey. Trois mois séparent le premier tour de manivelle et le clap final, avec six semaines de tournage dans l'île de Bendor et six autres près d'Angoulême, pendant lesquelles la chanteuse célèbre son anniversaire lors d'une gigantesque fête au Château de Lignières.

Depuis Elvis et les Beatles, beaucoup de stars du rock et de la chanson ont été fascinés par le cinéma mais très peu ont mené une double carrière à l'instar d'un Dutronc. Dans l'hexagone on peut citer quelques essais dignes d'intérêt. Jacques Brel, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, quelques autres. Et Sheila. Lorsque Bang-Bang sort sur les écrans en 1967, le public la découvre sportive et romantique à la fois. Avec six cent mille entrées en deux semaines, c'est un gros succès commercial, mais qui n'est rien toutefois à côté de la chanson-titre de la bande-son. Adaptation d'un hit international du duo américain Sonny and Cher signée Georges Aber, ce Bang-Bang francisé remporte un véritable triomphe.

Aussitôt après, L'heure de la sortie explose à son tour sur les ondes, et cette même année Sheila dit pour la première fois de façon directe "je t'aime" dans une chanson intitulée... Je t'aime. Le tourbillon continue lorsqu'elle enregistre La famille, et surtout Adios amor, un slow signé Jacques Plante qui restera l'un des plus marquants de son répertoire, et qui est en 67 le tube absolu de l'été. C'est à cette époque que Claude Carrère qui ne perd pas le nord crée sa maison de disques sur les fondations bâties grâce à Sheila. Les hits suivants sont Le kilt, Quand une fille aime un garçon, et surtout Petite fille de Français moyen, un tube qui lui va comme un gant et qui est signé Monty, un héros éphémère de l'époque "yé-yé". Publiée juste après les événements de mai 1968, la chanson est considérée par certains comme une prise de position "politique"... Sheila en rit encore aujourd'hui.

Dans le contexte du phénomène hippie et de la vague "flower power" qui l'accompagne, les ventes de Sheila se maintiennent un peu plus difficilement. Des 45 tours comme Oncle Jo et Reviens, je t'aime l'aident à rester sur le devant de la scène, puis elle retrouve les sommets avec Les rois mages. Immédiatement après la parution de Poupée de porcelaine, elle épouse en 73 le chanteur Ringo Willy Cat, ils enregistrent en duo Les gondoles à Venise pour fêter l'événement. En 1975, année où paraissent Aimer avant de mourir et Quel tempérament de feu, Sheila donne naissance à un petit garçon, Ludovic, qui désormais occupera la première place dans son c˛ur.

L'évolution prise par sa carrière lui convient de moins en moins, les directives imposées par son management lui sont de plus en plus insupportables, et sa vie privée est en pleine tourmente. Brisant bien des barrières, elle grave en 1977 Love Me Baby sous le pseudonyme de S. B Devotion. Le titre fait un malheur dans les discothèques hexagonales, prend la tête des hit-parades, et conquiert l'Europe. En France, ce sont les fans qui, ayant reconnu sa voix et téléphoné aux radios, font découvrir l'incroyable vérité : derrière ce groupe se cache la créatrice de L'école est finie ! Vient ensuite Singin' In The Rain qui entre à son tour dans les charts britanniques et lui fait parcourir le monde. La trentaine passée, Sheila se libère enfin, elle entend s'exprimer sans que personne ne la surveille, elle ressent une insatiable soif de nouveauté. C'est un virage décisif.

Séparée de Ringo et de son entourage habituel, Sheila "new look" s'installe aux Etats-Unis, où Nile Rodgers et Bernard Edwards ont commencé d'écrire pour elle. Voguant sur le succès du groupe Chic grâce au hit mondial Le Freak, ils sont les producteurs les plus en vue du moment et l'intérêt qu'ils portent à Sheila est un beau compliment. Le résultat de leur collaboration sera Spacer, un hymne discoïde qui squatte la tête des charts dans 32 pays et s'écoule en Europe à plus de cinq millions d'exemplaires ! A travers sa collaboration avec le duo infernal Rodgers & Edwards, Sheila fait plus que conquérir l'immense marché anglo-saxon (et bientôt planétaire) du marché d'une dance-music en pleine croissance, elle s'inscrit résolument dans la mystique disco, elle devient une "club diva" au même titre qu'une Gloria Gaynor.

Elle passe un an et demi à New York, s'inscrit dans la classe de théâtre de John Strasberg, reprend des cours de danse, s'attachant obstinément à combler certaines de ses lacunes artistiques. Rentrée en France, Sheila n'est plus la même, elle ne peut plus interpréter les mêmes chansons qu'auparavant. Ironiquement, elle enregistre Et ne la ramène pas, puis retourne travailler aux Etats-Unis, cette fois avec Keith Olsen, le producteur notamment de Pat Benatar et Cindy Lauper. Son album rock Little Darling se classe dans le Top 40 américain.

Son album suivant, Gloria, son successeur, est disque d'or en France, tandis qu'elle continue à passer ses étés en Californie. C'est là, dans une réception, que Sheila fait la connaissance d'Yves Martin et lui suggère de réaliser son prochain album. De cette collaboration naît On dit, que les journaux les plus branchés accueillent avec force louanges, puis Comme toi, concocté et mis en boîte à Compass Point, le mythique studio des Bahamas où travaillent au même moment Mick Jagger et Kool and The Gang. Puis elle quitte Carrère pour se produire elle-même, ce qui commercialement entraînera quelques déboires. Enfin, elle entreprend de monter sur scène, un souhait qu'elle n'avait jamais pu concrétiser à cause de ses proches. Son choix se porte sur le Zénith de Paris, salle géante où elle passe trois semaines en 1985, saluée par des critiques élogieuses. Lorsqu'elle foule les planches, elle découvre le sentiment extraordinaire de chanter devant un public qui réagit. Quel contraste avec le " play back " devant les caméras de télévision ! L'été venu, elle tient un petit rôle dans un remake de "L'île au trésor"  que réalise le metteur en scène portugais Raul Ruiz.

Après ces expériences et le 45 tours Comme aujourd'hui, Sheila, victime d'un grave problème de santé, doit subir une opération chirurgicale et passe quatre jours dans le coma, puis un mois et demi à l'hôpital. L'épreuve surmontée, elle décide de prendre du recul, de suspendre l'incessant tourbillon de sa vie de star, d'accorder du temps à sa vie de femme et de mère. Cette période un peu oisive lui donne l'occasion de compter ses amis. De tous les "copains" du métier, aucun ne se manifestera, à l'exception d'Annie Cordy, ce qui provoque en elle bien des réflexions.

La vitalité retrouvée, elle enregistre l'album Tendances, puis fait salle comble durant une quinzaine de jours dans le plus prestigieux des music-halls parisiens, l'Olympia, tandis que Le tam-tam du vent se classe dans les hit-parades. Ce spectacle prend une dimension magique, tant les difficultés passées ont enrichi sa personnalité, mais c'est pourtant pendant ces représentations que survient la plus inattendue des décisions : elle veut arrêter la chanson ! Contre l'avis des siens qui lui conseillent de partir en toute discrétion, elle annonce ses adieux au cours de la représentation du 3 octobre. Ah, toujours ce caractère entier ! Plus de galas, plus de studios... Le téléphone reste muet, seul l'amour du public résiste à cette absence : le courrier continue à affluer, des fans inscrivent à la peinture sur le mur de sa maison : "reviens, tu nous manques".

La réponse de Sheila sera multiple. Elle veut se rapprocher de la terre et se lance dans la sculpture. Elle anime à la télévision des émissions de variétés, d'abord "Coup de C˛ur", puis "Salut Les Copains" avec Dave. Dans un élan mystique, elle rédige un premier livre, "Chemin de lumière", où elle exprime sa croyance d'une vie après la mort et relate ses expériences. Elle écrit ensuite "Et si c'était vrai", un récit qui retrace sa vie à travers un personnage de roman, puis "La captive". Enfin, elle tourne dans un épisode de la série TV "Van Loc". Tout cela en continuant à baigner dans un univers musical grâce à son ange gardien Yves Martin... Les années passent, jusqu'au jour où leur vient l'idée d'enregistrer certains de ses anciens tubes spécialement réarrangés. Au menu de ce disque figurent Spacer, Gloria, Bang-Bang, Les rois mages dans une version salsa inattendue, Adios Amor, Love Me Baby, mais aussi trois titres nouveaux : Close To You, Vague à l'âme et Juste comme ça.

L'album est disque d'or, c'est reparti pour Sheila qui se veut maintenant avant tout une artiste de scène. Elle fait sa rentrée à l'Olympia, là où elle avait annoncé ses adieux quelques années auparavant... Du 28 septembre au 4 octobre 1998 elle donne une série de concerts à guichets fermés, un challenge réussi qui entraîne trois soirées supplémentaires pour le mois de février suivant. Dans cette salle de légende, ses admirateurs de tous âges se retrouvent comme pour un rendez-vous ritualisé, à mi-chemin entre musicorama fin de siècle et performance collective. Le glamour y est roi, on célèbre l'amour et la vie, les corps s'entrechoquent sur fond de temps qui passe. L'ambiance est un peu folle, on profite de l'instant comme si chaque soirée était un "ultimate remix"  d'une éternelle "première surprise-partie" dont les acteurs sont dans la salle autant que sur la scène, avec à leur tête une Sheila resplendissante, transcendée par ce succès qu'elle a su regagner...  Bref, une fête extraordinaire dont tous se souviennent, comme en témoignent un album live et une cassette vidéo.

Depuis lors, Sheila a fait un v˛u : elle ira chaque fois qu'elle le pourra à la rencontre d'un public partout prêt à lui tendre les bras, elle s'abandonnera devant lui à ses deux passions, le chant et la danse, elle le fera frémir encore et toujours avec ses hymnes sculptés dans la transe. 

Offenses en tous genres, relations difficiles avec ses maisons de disques, flirt avec la mort, angoisses pour son enfant accidenté, attaques et trahisons, Sheila a connu beaucoup d'embûches. Mais elle a toujours été la plus forte, elle a eu l'intelligence de prendre de la distance. Et si autrefois elle a été blessée, la lumière des projecteurs l'illumine de nouveau, telle un soleil qui symbolise l'amour. Un amour partagé, celui qu'elle donne à son public et celui que ses fans lui rendent. Elle est comblée et nous avec elle. Longue vie à Sheila !

Alain-Guy Aknin et Pascal Bussy

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